Les nouveaux pirates de la route se déplacent en voitures allemandes et polonaises

Les accidents graves causés par une conduite imprudente ne sont pas encore de l’histoire ancienne. Des voitures de luxe avec une plaque allemande y sont souvent impliquées. Que se passe-t-il exactement ?

Publié le 23 juin 2025
Temps de lecture : 5 min

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Les nouveaux pirates de la route se déplacent en voitures allemandes et polonaises

À la mi-juin, les journaux ont encore fait état d’un phénomène en recrudescence : « un conducteur prend la fuite après un crash avec une Ferrari à Helchteren. » Juste en dessous de l’article, une photo de ce qui fut autrefois l’élégante voiture de sport italienne, retournée et bonne pour la casse. La Ferrari arborait des plaques allemandes et il s’est avéré qu’elle avait été louée. Le fait que le conducteur se soit immédiatement enfui à pied après l’accident donne évidemment à penser qu’il avait quelque chose à se reprocher.

Deux semaines avant ce drame, un conducteur de 20 ans avait déjà provoqué un véritable carnage dans la commune anversoise de Hoboken. C’était un samedi matin, au volant d’une Audi RS6 de location également immatriculée en Allemagne. Le conducteur a endommagé huit voitures en stationnement, un arbre et une maison après avoir perdu le contrôle du bolide. Sur les images de vidéosurveillance, on pouvait voir la voiture débouler dans les rues résidentielles à une allure telle que sur les images prises par les caméras, le véhicule était à peine visible.

Le phénomène des voitures allemandes qui sèment la pagaille dans les rues belges est malheureusement bien connu, surtout dans des régions comme Bruxelles et Anvers. Mais il s’avère que les conducteurs ne sont pas allemands, tout simplement parce qu’ils ont loué la voiture. Mais comment expliquer cette tendance ?

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Des vitesses excessives

Le magazine Bruzz a récemment enquêté sur ces voitures allemandes. L’enquête faisait suite au cas d’un influenceur opérant sous le pseudonyme d’Adil Gofast et qui a écopé d’une interdiction de conduire de 17 ans et demi ainsi que d’une amende cumulée de plus de 25.000 euros. Ce jeune homme publiait depuis un moment déjà des vidéos sur les réseaux sociaux où il roulait à très grande vitesse dans la capitale, au volant de voitures de luxe et souvent avec une seule main sur le volant (forcément, il filmait de l’autre).

Or, il se trouve que ses sorties, il les opérait toujours avec des voitures immatriculées en Allemagne ou en Pologne. Le plus souvent, il s’agissait des Mercedes, d’Audi ou de BMW. « Le phénomène est apparu au début des années 2000 et n’a cessé de prendre de l’ampleur ces dernières années », témoigne un agent de la police de Bruxelles-Ouest dans Bruzz.

Réseau de sous-location illégale

Les amateurs de vitesse louent souvent ces véhicules auprès de petites entreprises belges, qui louent elles-mêmes les voitures de l’autre côté de la frontière. Cela s’explique notamment par des coûts de location plus bas en Allemagne en raison d’assurances et de taxes moins élevées. De plus, en Allemagne, les loueurs ont le droit de sous-louer leurs véhicules à des sociétés étrangères – ici belges en l’occurrence.

La situation inverse n’est toutefois pas autorisée : en Belgique, on ne peut pas sous-louer un véhicule avec une plaque étrangère. Pas étonnant donc que cette pratique se fasse illégalement, souvent via des annonces sur les réseaux sociaux. Évidemment, les contrats de location ne sont pas valables.

Mais il y a aussi un autre facteur qui favorise ce phénomène : en Allemagne, il est encore courant de payer plusieurs milliers d’euros en espèces, ce qui n’est pas le cas en Belgique. Outre Rhin, l’argent qui n’a pas une origine très claire peut ainsi être facilement utilisé. Soit dit en passant, le fameux « Adil Gofast » est connu de la police pour des faits de drogue et il a déjà passé deux semaines en détention pour conduite dangereuse. Après la suite de son jugement, il a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux, tournant le tout en dérision.

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Risque de sanctions

Les Belges qui circulent dans une voiture avec une plaque étrangère peuvent aussi être sanctionnés, notamment pour fraude à la taxe de mise en circulation et à la taxe de circulation. Ils doivent aussi prouver qu’ils ont bien loué le véhicule directement auprès du propriétaire.

Cependant, les contrôles restent limités, selon Bruzz, en grande partie parce que ceux qui sous-louent agissent de manière discrète. Mais lorsque les conducteurs ne font pas profil bas – comme c’est souvent le cas –, la probabilité de se faire attraper augmente. Surtout quand la voiture se retrouve sur le toit sur une route nationale.

Wallonie : les plaques polonaises dans le viseur

Si le phénomène des voitures de location immatriculées à l’étranger fait du bruit en Flandre avec les plaques allemandes, la Wallonie n’est pas épargnée par la tendance, mais cette fois avec des plaques aux couleurs de la Pologne. En toile de fond, une économie grise de la sous-location : comme en Allemagne, la réglementation polonaise est plus permissive pour les véhicules sportifs. Et les prix sont compétitifs.

Sur Instagram ou Snapchat, ces locations « off the radar » circulent discrètement, mais efficacement. Une McLaren Artura est proposée pour 3.000 euros le week-end (avec 500 km inclus), des Porsche Cayenne ou Audi RS pour moins de 1.000 euros, parfois avec des cautions frôlant les 5.000 euros : de quoi faire rêver certains jeunes, même si l’accès à ces bolides est souvent conditionné par des critères officiels d’âge ou d’expérience… que tous contournent évidemment !

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Par Hans Dierckx Rédacteur automobile

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